
Hommage à Marc Laimé, journaliste engagé pour l’eau
29.04.2026
Notre ami Marc Laimé vient de nous quitter.
Breton de naissance, il était d’abord un homme de terrain et de curiosité. Après des études de sociologie, il plonge dans l’aventure du journalisme international, parcourant le Moyen-Orient et l’Afrique pour des agences comme Reuters et l’AFP. Il collabore avec la presse parisienne — Le Monde, Le Monde diplomatique, Le Canard Enchaîné et quelques belles piges à Libé.
De ces années de reportage naît en lui une conviction profonde : les batailles les plus importantes ne se jouent pas uniquement au palais Bourbon. Avant beaucoup de monde il a regardé du côté des nappes phréatiques et les bassins versants oubliés du monde.
C’est en 1991 qu’il fait un choix décisif de sa vie, en consacrant son regard et sa plume à la problématique de l’eau. À une époque où le sujet n’était pas encore à la mode, Marc Laimé avait déjà compris que l’eau et sa gestion deviendraient un enjeu central. Il dénonce avec rigueur comment ce bien commun est devenu une marchandise aux mains de conglomérats puissants, et comment plus d’un milliard d’êtres humains se trouvent privés d’une eau saine. Ses deux ouvrages de référence, Le Dossier de l’eau (Seuil, 2003) et Les Batailles de l’eau (Terre Bleue, 2008), deviennent des bibles pour tous ceux qui se battent pour que l’accès à l’eau propre soit reconnu comme un droit fondamental.
C’est à ce titre qu’il s’était rapproché de la fondation Danielle Mitterrand dans laquelle il avait trouvé une alliée pour convaincre un plus grand nombre de collectivités et de citoyens à prendre la voie d’une gestion publique de l’eau.
Reconnu au plan international comme consultant spécialisé dans les politiques de l’eau , Marc Laimé n’a jamais cessé de transmettre et de mobiliser, animant ses blogs Carnets d’eau et Les eaux glacées du calcul égoïste avec la même exigence que ses premières dépêches de terrain 30 ans auparavant.
Détestant prendre l’avion, son absence aux Forums Sociaux Mondiaux se faisait remarquer. Il n’empêche, son aura et quelques messages qu’il envoyait aux participants sur place entre deux workshops pouvaient faire basculer une déclaration finale.
Marc incarnait cette rare figure du journaliste-militant qui ne sépare jamais l’information de la responsabilité, ni la plume du combat. Aujourd’hui, celles et ceux qui continuent de se battre pour défendre le droit à l’eau et son partage juste et accessible portent en eux une part de son œuvre — et c’est peut-être la plus belle des postérités.
Les salarié·es et le conseil d’administration expriment en notre nom collectif nos plus sincères condoléances et soutiens à sa famille.
Achille du Genestoux, Trésorier de la Fondation Danielle Mitterrand