
« À toutes les femmes du monde : défendons le Rojava, la révolution des femmes et l’Humanité »
22.01.2026
En décembre dernier, Ruken Ay Adin du Tevgera Jinên Azad (TJA) était à Paris pour partager les luttes du Mouvement des femmes au Kurdistan du Nord, dans le cadre de la remise du Prix Danielle Mitterrand. Un mois plus tard, cette dynamique d’émancipation est brutalement attaquée de l’autre côté de la frontière au Rojava, le Kurdistan syrien.
Depuis début janvier, les forces du gouvernement syrien de transition d’Amed Al-Charaa mènent des offensives armées contre les territoires du Nord et de l’Est de la Syrie, visant le cœur d’une expérimentation politique dont l’émancipation des femmes est un pilier. Les bombardements et les massacres de civiles se multiplient, la ville de Kobanê – symbole de la résistance contre Daesh – est assiégée. Ce qui s’y joue en ce moment même est une attaque directe contre une expérience fondée sur l’égalité, la démocratie, l’émancipation des femmes et la coexistence des peuples. Face à cette urgence, le TJA appelle à une mobilisation internationale immédiate, que nous relayons.
APPEL DU TJA « À TOUTES LES FEMMES DU MONDE : DÉFENDONS LE ROJAVA, LA RÉVOLUTION DES FEMMES ET L’HUMANITÉ »
Le processus qui a débuté le 6 janvier avec les attaques des milices HTŞ-Daech contre les quartiers kurdes d’Alep s’est aujourd’hui transformé en une offensive de grande envergure qui s’étend jusqu’à Rojava. Ces attaques visent le modèle de vie égalitaire, démocratique et libertaire construit par les femmes à Rojava.
Malgré le retrait des forces des FDS d’Alep, puis de Deyr Hafir et Meskene, les attaques de HTŞ se sont poursuivies le 17 janvier. Le 18 janvier, conformément au cessez-le-feu négocié par les États-Unis, les FDS ont annoncé leur retrait de Raqqa et Deir ez-Zor afin d’éviter que les combats ne s’étendent et ne dégénèrent en guerre civile, mais le HTŞ a commencé à attaquer le Rojava, Haseke et Kobanê, où vivent les Kurdes.
Depuis le 6 janvier, les groupes djihadistes publient des images de torture et commettent des massacres en bombardant des zones civiles. Nous savons très bien que ces groupes, qui tentent de se légitimer en portant cravate et costume, sont les vestiges de l’État islamique qui a attaqué Kobanê et Sinjar en 2014. Il est évident que ce type de violations ne peut être légitimé par aucun processus diplomatique ou officiel. Nous rappelons que cette mentalité qui asservit les femmes, brûle vifs des êtres humains et décapite des personnes ne changera pas. Aujourd’hui, sous les yeux du monde entier, Rojava, qui représente une vie égalitaire, démocratique et libératrice pour les femmes, créée il y a 14 ans grâce à la lutte internationale, à la solidarité et au travail, est menacée par une attaque de grande ampleur et un génocide. Les images de femmes décapitées circulent à nouveau, les femmes qui n’ont d’autre choix que la servitude ou la mort, les peuples qui n’ont d’autre choix que l’esclavage sont pris pour cible. La mentalité unitaire qui ignore ceux qui ne sont pas comme eux veut créer cet ordre en éliminant les Kurdes, les Alevis, les Druzes et surtout les femmes rebelles qu’ils considèrent comme une menace majeure. Nous continuons à lutter pour la liberté aux côtés des peuples du Rojava, en particulier le peuple kurde et les femmes kurdes, qui résistent pour obtenir le droit de vivre dignement sur leurs terres.
En tant que Tevgera Jinên Azad (TJA), nous sommes un mouvement de femmes libres qui lutte contre l’inégalité, le militarisme, le patriarcat et la mentalité djihadiste, en se basant sur la liberté des femmes. Nous défendons une vie libre et égalitaire où les femmes sont les sujets.
Le modèle social construit sous l’impulsion des femmes au Rojava est une avancée concrète pour la liberté des femmes. La lutte menée contre Daech sous la direction des YPJ n’est pas seulement une lutte contre le peuple kurde, mais contre une barbarie qui vise l’humanité tout entière. Cette lutte est une défense historique que les femmes ont menée au prix de nombreux sacrifices. Aujourd’hui, le monde a la responsabilité de garantir la sécurité que cette résistance a permis d’instaurer. Aujourd’hui, les attaques contre le peuple kurde, et en particulier contre les femmes kurdes, se sont à nouveau intensifiées au Rojava et dans le nord de la Syrie. Des organisations djihadistes et misogynes telles que HTŞ prennent pour cible des civils et continuent de commettre de graves violations des droits humains, telles que l’enlèvement, la détention forcée et la violence à l’égard des femmes.
Les attaques contre le Rojava ne sont pas un conflit local ; il s’agit d’une attaque idéologique contre la liberté des femmes, la vie démocratique et la sécurité mondiale. Dans ce contexte, le silence n’est pas une position neutre, mais une complicité dans le massacre.
Nous lançons un appel aux femmes et aux mouvements féministes du monde entier :
- Élevez la voix contre les attaques menées contre le peuple kurde, et en particulier contre les femmes kurdes, à Rojava.
- Exigez que vos gouvernements et les institutions internationales prennent leurs responsabilités.
- Dénoncez le danger mondial que représentent toutes les structures djihadistes issues du HTŞ et de l’EIIL.
- Renforcez la solidarité contre les tentatives de massacre à Rojava.
Défendre le Rojava, c’est défendre la liberté des femmes et l’avenir commun de l’humanité. Le peuple kurde défend son droit à la vie face à de violentes attaques ; il est essentiel que la communauté internationale prenne ses responsabilités à ce stade.
Tevgera Jinên Azad (TJA)