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Transition énergétique: changez d’ère, retrouvez le sourire!

14.09.2012


S’il n’est jamais facile de remettre en question son mode de fonctionnement en société, c’est une fois que nous l’aurons fait que nous nous rendrons compte des bénéfices que nous en retirerons. Pour nous rassurer et nous y engager, des exemples existent !

La transition énergétique sera l’un des sujets centraux de la conférence environnementale organisée par le gouvernement français les 14 et 15 septembre prochains. Depuis la publication du 4ème rapport du GIEC en 2007, il n’est plus possible de nier le lien entre les émissions de gaz à effet de serre anthropiques et les changements climatiques majeurs que nous traversons. Pour limiter le réchauffement climatique et les bouleversements des écosystèmes, il est donc essentiel de nous engager dans une transformation profonde de notre modèle énergétique. Mais quelle transition ? Si les défenseurs de l’exploitation des gaz et huiles de schistes ou du nucléaire, présentent souvent ces énergies comme des énergies de transition idéales, cette approche n’est en aucun cas satisfaisante.

En effet, on oublie souvent un fait pourtant incontestable : les ressources énergétiques non renouvelables sont limitées. La production pétrolière a atteint son pic en 2007 et ne va désormais que décroître, entraînant une augmentation du prix du pétrole jusqu’à ce qu’il ne soit plus rentable de l’exploiter (source : Association for the Study of Peak Oil & Gas). De même, les stocks d’uranium, de gaz naturel et de charbon vont peu à peu s’épuiser. Faire le choix des gaz de schiste notamment, c’est ignorer cette évidence et nous enfoncer plus encore dans notre dépendance à l’énergie fossile.

La transition doit donc répondre à un double objectif : réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre et préparer la fin du pétrole abondant et peu cher. Elle ne peut passer que par une diminution massive de notre consommation énergétique et, donc, par une transformation en profondeur de nos modes de vie. Un tel défi peut faire peur : effondrement de notre modèle de société, catastrophes naturelles et technologiques, crises écologiques, économiques et sociales… Le ton alarmiste utilisé par les principaux courants écologistes actuels nous inviterait plutôt à mettre la tête dans le sable qu’à passer à l’action.

Au lieu de craindre l’apocalypse annoncée, pourquoi ne pas plutôt rêver un avenir meilleur ?
Imaginer un monde solidaire et respectueux de l’environnement invite à l’action, pour façonner ensemble une société nouvelle, à notre manière. C’est cette approche positive qu’adopte le mouvement des Villes en transition.

Ce mouvement prend sa source en Angleterre, à Totnes, en 2005, lorsqu’un professeur de permaculture, Rob Hopkins, s’est intéressé de plus près à l’enjeu du pic pétrolier. Depuis, le mouvement s’est développé en Angleterre, au Canada, au Japon, en Australie…

Les Villes en transition ont pour objectif d’accroître la résilience des communautés locales, c’est-à-dire leur capacité à survivre et s’adapter à un choc, la fin du pétrole abondant et peu cher. La philosophie des Villes en transition peut être résumée en quatre points (Rob Hopkins, Manuel de transition) :
Nous ne pourrons éviter de vivre en consommant beaucoup moins d’énergie. Il vaut mieux s’y préparer que d’être pris par surprise.

Nos établissements humains et nos communautés manquent de la résilience nécessaire pour survivre aux importants chocs énergétiques qui accompagnent le pic pétrolier.

Nous devons agir collectivement et nous devons le faire maintenant.

En stimulant le génie collectif de notre entourage pour concevoir en avance et avec créativité notre descente énergétique, nous pouvons construire des modes de vie plus inter-reliés, plus enrichissants et qui reconnaissent les limites biologiques de notre planète.

Le concept clé de la transition est la relocalisation de l’économie, c’est-à-dire le fait de produire au niveau local l’ensemble des biens et services qu’il est possible de produire ainsi. Il s’agit de « rebâtir une agriculture et une production alimentaire locales, localiser la production énergétique, repenser les soins de santé, redécouvrir les matériaux de construction locaux (…), repenser la manière dont nous gérons les ordures »… Ce processus implique d’interroger nos besoins et nos richesses, et de renforcer nos compétences dans de nombreux domaines. Il va de pair avec une relocalisation de la démocratie, un renforcement des compétences des acteurs locaux et du pouvoir des citoyens sur les décisions les concernant directement, comme les modes de production énergétique…

En France, le mouvement de transition a peu à peu convaincu et fédéré les militants écologistes français. Des initiatives de transition se sont lancées, autant dans des territoires ruraux que dans des villes. On peut citer Tièvres après pétrole, l’une des initiatives les plus avancées en France, mais également Grenoble, Saint-Quentin en Yvelines…

Le modèle des initiatives de transition joue donc un rôle de catalyseur. Il aide à lancer l’action mais ne propose pas de solution toute faite. Chaque communauté, ville, village, doit mettre en place ses réponses propres, adaptées au contexte et aux enjeux locaux, ayant toute en commun cette approche positive de la transition.

Pour plus d’informations sur les Villes en transition, nous vous invitons à découvrir l’article « Vivre la fin du pétrole avec le sourire, petite introduction aux Villes de transition« .

Retrouvez le positionnement de France Libertés sur les enjeux énergétiques sur notre site Internet.

Retrouvez l’article sur le site du Huffington Post