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Retours sur la mobilisation «De l’eau, pas des puces !»

02.04.2025

Durant deux jours, de nombreuses personnes se sont rassemblées dans la région de Grenoble pour se mobiliser, à l’initiative du collectif STopMicro et des Soulèvements de la terre, contre l’accaparement des ressources, notamment en eau, par les industries du numérique présentes sur ce territoire. Des membres du réseau Hydre, soutenu par la Fondation, étaient ainsi présent·es pour participer au colloque international « Semi-conducteurs : l’impossible relocalisation ».

Une industrie du numérique aux impacts néfastes sur le territoire d’Isère et au-delà !

En 2022, le fabricant de puces électroniques STMicroelectronics annonçait le triplement des capacités de production de son usine de Crolles, à côté de Grenoble en Isère. Depuis, sa voisine Soitec a également inauguré une nouvelle usine à 300 mètres de là, et fait part de ses deux nouveaux projets d’agrandissement à Bernin. L’électronique est l’un des secteurs industriels les plus voraces en eau, nécessaire à la fabrication des puces. STMicroelectronics et Soitec, après agrandissement, devraient consommer plus d’eau que la ville de Grenoble, sans restriction imposée, alors que les habitant·es et les agriculteur·ices se voient rationné·es lors des sécheresses. En effet, selon les enquêtes menées par le collectif StopMicro, les usines de STMicroeletronics et Soitec accaparent en effet à elles seules «185 litres d’eau potable chaque seconde, ce qui équivaut à vider une méga bassine de Sainte-Soline tous les 40 jours ». La nappe phréatique sous Grenoble est déjà lourdement polluée par les industries chimiques. Les usines de semi-conducteurs, quant à elles, polluent l’Isère en rejetant du phosphore, de l’azote, du cuivre, des hydrocarbures et des PFAS dans des quantités faramineuses. Par ailleurs, que ce soit à travers l’accaparement des terres agricoles ou la promotion d’une agriculture « numérique », ces industries participent à affaiblir la paysannerie et menace ainsi directement les possibilités d’une autonomie alimentaire dans la région. Ces grandes entreprises mettent ainsi en péril les conditions de de vie présentes et futurs en contribuant à la fuite en avant technologique et son lot de destructions.

Un colloque internationaliste et une mobilisation joyeuse pour défendre l’eau

Cette fin de semaine, des membres du réseau Hydre, soutenu par la Fondation, étaient présent·es avec plus 700 personnes pour participer au colloque international « Semi-conducteurs : l’impossible relocalisation » qui proposait, par des interventions d’habitant.es, chercheurs, associations, journalistes un panorama de la réalité de la « chaîne de valeur » des puces électroniques. De nos eaux polluées aux mines de cobalt congolaises, de l’exploitation du lithium dans les Andes ou des terres rares au Québec et jusqu’aux usines d’assemblage en Asie du Sud-Est, nous avons retracé la chaine invisible de dommages sociaux et environnementaux induits par l’industrie du numérique aux quatre coins du globe. Smartphones, objets connectés, voitures électriques, mais aussi industrie militaire et de la surveillance, le numérique est désormais entré dans tous les aspects de nos vies sociales. 

Ce sont les questions du partage des ressources et des choix de société qui nous sont aujourd’hui posées avec ces projets d’agrandissement. De l’eau, pas des puces ! Le slogan percutant du collectif Stop Micro nous invite à redescendre sur terre, partir de nos besoins vitaux, interroger les besoins construits par le productivisme et ré-inventer une société conviviale.