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En mémoire de Susan George

23.02.2026

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition de Susan George, le 14 février 2026. Militante altermondialiste infatigable, amie fidèle de Danielle Mitterrand, sa voix et son engagement n’ont cessé de résonner contre les ravages de la mondialisation néolibérale et du colonialisme.

Avec la publication de Comment meurt l’autre moitié du monde en 1976, elle dénonçait la responsabilité des multinationales et des institutions financières internationales dans la perpétuation des inégalités mondiales à travers le mécanisme de la « dette » imposée aux pays du Sud. Membre fondatrice d’Attac, engagée au sein du Transnational Institute ainsi qu’à Greenpeace, elle fut de tous les combats. Comme nous le rappelle Attac, elle participa au « blocage de l’OMC à Seattle en 1999, aux forums sociaux mondiaux initiés à Porto Alegre en 2001, jusqu’à la participation aux campagnes nationales contre les accords de libre-échange, les paradis fiscaux ou les mobilisations contre les OGM et Monsanto ». Tout au long de sa vie, elle porta inlassablement une exigence de justice sociale et climatique, de défense du vivant et de la démocratie.

Ses engagements résonnaient avec ceux de Danielle Mitterrand. Elles se retrouvèrent à de nombreuses reprises à partager tribunes et espaces de parole politique. Leur attachement commun à l’altermondialisme et la solidarité, leur refus de la marchandisation du vivant et du monde, ont noué une amitié profonde, nourrie par toutes ces luttes et valeurs partagées. Toutes deux étaient convaincues que l’accès à l’eau, à la terre, à l’alimentation, à la dignité sont des droits humains fondamentaux.

Lorsque Susan George participa, en novembre 2012, au colloque « Sur les pas de Danielle Mitterrand », elle rappelait déjà l’importance de poursuivre ces engagements et de les transmettre aux générations futures. 

Nos pensées vont à sa famille et ses proches, et toutes les personnes qui perdent une amie, une camarade de lutte et une source d’inspiration. Nous savons que son héritage ne s’éteint pas : il vivra dans chaque initiative qui refuse la fatalité qui assombrit le monde et dans chaque action qui œuvre à en éclairer l’avenir.   

À l’occasion des 25 ans de la Fondation en 2011, Susan George accordait une interview que nous vous invitons à (re)découvrir


Cette photographie, ci-dessous, est issue de la table ronde « La préservation et le partage des biens communs », dans le cadre du colloque « Sur les pas de Danielle Mitterrand », le 23 novembre 2012. Susan George (à droite) se trouve aux côtés du journaliste Jean-Yves Casgha, de Vandana Shiva et de Riccardo Petrella.