Le 29 janvier 2026 se tiendra une rencontre « Repenser la place du vivant au sein de l’espace politique » animée par les étudiant-es du master 2 de science politique de l’université Paris 1 Panthéon- Sorbonne à l’Académie du Climat.
La rencontre
« En cinquante ans, 73% des populations d’animaux sauvages ont disparu. Face à l’effondrement des biens communs naturels, les réponses se multiplient : alertes scientifiques, politiques de conservation, mobilisations citoyennes, actions de terrain. Mais depuis une dizaine d’années, une autre voie émerge. Partout dans le monde, des militant·es, juristes, chercheur·ses et citoyen·nes défendent une idée radicale : et si la nature avait des droits ? Et si rivières, forêts et écosystèmes devenaient des sujets politiques à part entière ?
Du fleuve Whanganui en Nouvelle-Zélande à l’Atrato en Colombie, en passant par la Mar Menor en Espagne, des entités naturelles ont déjà reçu une personnalité juridique. Parlements de rivières, assemblées du vivant, consultations multispécifiques : en France aussi, un peu partout le long des fleuves, des collectifs inventent de nouvelles formes de participation citoyenne.
Ces expériences dessinent les contours d’une démocratie du vivant, où humains et non-humains sont pensés ensemble et où nos institutions sont réinventées à l’aune de la crise écologique. En élargissant les frontières de la communauté politique et en érigeant le vivant en véritable sujet, elles remettent en cause le jeu politique traditionnel et repoussent les limites du possible qui structurent notre imaginaire démocratique.
Que valent ces expérimentations ? Peuvent-elles transformer durablement notre rapport au monde vivant ? Quels enjeux politiques, juridiques et moraux soulèvent-elles ?
Rencontre initiée par Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l’Université Paris 1, et animée par Annie Flexer et Jean Pascal Derumier du comité de pilotage Université du Bien Commun Paris.
Avec les étudiants du master 2 de Science politique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne :
Mahitab Abdelkader, Margaux Anne, Titouan Bottone, Vincent Brunisholz, Odile Cooney Gogibu, Balthazar Da Silva, Lou Geiter, Célina Hadjiat, Louis Lachaussée, Thelma Magre, Florian Mathon, Lison Mocquot, Lucas Pousin, Camille Poux, Louis Reubrecht, Justin Soubanere, Rose Tamigneau, Diego Villa-Marin. »
Au programme
Les étudiants du master 2 de science politique ont travaillé, cette année, sous la direction de Loïc Blondiaux, sur les enjeux de la démocratie du vivant. Le principe du séminaire était de concevoir chaque exposé sous un format innovant (simulation, émission de radio, cartographie interactive, reconstitution historique…)
Ils ont réfléchi, par groupe de 4 ou 5, à 4 séquences portant sur
• les enjeux et présupposés philosophiques et anthropologiques de la question du rapport nature/culture, à partir notamment d’un débat autour de la pensée de Bruno Latour.
• un panorama et une cartographie des différentes initiatives visant à faire reconnaître les droits du vivant ou à le représenter. Ils ont mis au point un outil cartographique interactif répertoriant la quasi-totalité des expériences mondiales et françaises, certaines bien connues (Atrato…) et d’autres beaucoup moins. Il s’est agi de réfléchir aux formes et au répertoire de mobilisation des collectifs qui luttent pour cette cause.
• les enjeux et débats juridiques autour de la reconnaissance des non-humains et les controverses suscitées par ces questions
• les enjeux pratiques et politiques impliqués par d’éventuels dispositifs de représentation du vivant, à partir de plusieurs propositions de parlement ou d’assemblée : parlement des choses, microparlement des vivants, assemblées inter-espèces…
18 h 15 – Accueil
18 h 30 – Ouverture de la session par Annie Flexer et Jean Pascal Derumier
18 h 40 – Introduction du thème de la démocratie du vivant – par les étudiants du M2 de science politique de Paris 1 – en partant de la carte interactive des initiatives de démocratie du vivant, qu’ils ont réalisée, et en s’appuyant sur quelques exemples.
19 h 10 – Enjeux de la démocratie du vivant et débats autour de cette question, déroulés selon 4 thèmes, qui se sont révélés clivants, chacun faisant l’objet d’une présentation par les étudiants, suivie d’un échange avec le public :
• Avons-nous besoin des acteur·ices institué·es ?
• L’humain peut-il représenter le non-humain ?
• Avec ou sans la nature ?
• La personnalité juridique est-elle nécessaire pour protéger le vivant ?
20 h 45 – Conclusion
Informations pratiques
Le jeudi 29 janvier 2026 à 18h30
A l’Académie du Climat
2 Place Baudoyer, Paris 4e