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Du 13 au 15 juin 2026, un week-end de mobilisation est organisé contre Eurosatory, le salon mondial de la guerre et de l’oppression des peuples en Seine-Saint-Denis.

L’appel à la mobilisation

Du 15 au 19 juin 2026, le salon Eurosatory se tiendra comme tous les deux ans à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. C’est l’un des plus grands salons d’armement mondiaux : De la guerre dans l’espace, sur terre, en mer jusque dans le cyber, en passant par les « conflits inter-communautaires », le contrôle aux frontières et la gestion des « smart cities », Eurosatory constitue un vaste supermarché pour les États et les acteurs privés du monde entier. 

Organisé par le GICAT, le principal lobby du complexe militaro-industriel français, sous l’égide du Ministère des Armées et de celui de l’Intérieur, Eurosatory doit accueillir plus de 2000 exposants venus du monde entier pour exhiber leurs marchandises de mort. Au centre, on trouvera bien sûr les fleurons français de l’armement : Thales, Safran, Airbus, MBDA, KNDS… Des entreprises qui équipent autant les armées des États impérialistes criminels, à commencer par la France, que des régimes suprémacistes et autoritaires qui commettent ou facilitent des génocides partout dans le monde. Et tout autour, se presseront des entreprises états-uniennes, israéliennes, mais aussi turques, chinoises, ou encore émiraties qui profitent des guerres menées contre les peuples palestinien, libanais, iranien, kurde, syrien, ouïghour, soudanais, ukrainien…

Ces firmes et les puissances étatiques qui collaborent avec elles prétendent défendre « la sécurité des populations », mais toutes ces armes et ces technologies servent en réalité à maintenir un ordre colonial, raciste et patriarcal, en surveillant, réprimant et massacrant civil·es et classes populaires tout autour de la planète. Une fois expérimentées sur le champ de bataille, leurs marchandises étiquetées « combat proven » se vendent d’autant mieux qu’elles ont montré leur capacité à tuer efficacement. À chaque nouvelle guerre, les actions de ces entreprises et leurs profits décollent. 

Dans les allées du salon, les visiteurs assisteront également à des démonstrations de l’armée de terre, du GIGN, de la BRI ou encore du RAID, ces « unités d’élite » qui tuent et répriment dans les territoires à décoloniser dits d’outre mer et les quartiers populaires. Ils participeront à des conférences sur des sujets tels que l’IA militaire, les drones ou encore l’économie de guerre. Eurosatory est à la fois un supermarché de la mort et un espace de rencontre et de propagande pour tous ceux qui profitent des guerres et font de la destruction des vies et des communautés un business.

Si les imaginaires promus par Eurosatory restent essentiellement virilistes, des États comme Israël, la France ou la Suisse instrumentalisent les droits des femmes, et mettent en avant la présence de femmes dans l’armée ou l’industrie d’armement comme vitrines d’égalité et outils de communication patriotique. Les logiques de domination et de violence accentuées par la guerre ne font pourtant qu’exacerber les dynamiques répressives envers les minorités sexuelles, aussi bien dans les pays occidentaux que dans leurs anciennes colonies.

La Seine-Saint-Denis est le département le plus pauvre et le plus jeune de l’Hexagone, mais aussi l’un des plus marqués par l’histoire de la violence coloniale française. Sa jeunesse, prise en étau entre les violences policières racistes, la précarité organisée et des services publics sacrifiés au nom de l’austérité de guerre, se voit offrir l’enrôlement dans l’armée comme planche de salut à travers divers dispositifs de recrutement ciblés. Elle reste aussi trop souvent perçue comme une population à encadrer et à discipliner, l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry allant jusqu’à comparer l’enseignement en Seine-Saint-Denis à du « domptage » sur le plateau CNews. C’est pourtant sur ce territoire que se déroule, plusieurs fois par an, le spectacle indécent des salons d’armement internationaux, où se donnent rendez-vous tous les vendeurs de mort pour générer des milliards d’euros de profits.

Pour nos luttes et nos conditions d’existence, en solidarité avec les résistances des peuples du monde entier, ne les laissons pas faire !

Le programme

  • Vendredi 12 juin à Paris pour manifester contre le Pacte Asile & Migration et le Règlement Retour
  • Samedi 13 juin à Saint-Denis pour une journée de rencontres, discussions, formations et de mobilisation
  • Dimanche 14 juin à Paris pour la Pride Radicale anti-guerre et contre les génocides
  • Lundi 15 juin à Villepinte pour nous opposer à l’ouverture du salon !

Informations pratiques

Du 13 au 15 juin 2026

En Seine-Saint-Denis et Paris