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Faire entendre la voix de la France face aux exécutions en Iran

08.04.2026

Dans une lettre adressée au Président de la République, la Fondation Danielle Mitterrand, à travers son président, alerte sur la recrudescence des exécutions de prisonniers politiques en Iran. Au nom de l’état de droit et des droits humains, elle appelle la France à porter une parole ferme et à agir pour mettre fin à ces graves violations.  


Monsieur le Président de la République, 

La cruelle actualité confirme que l’exécution de dix prisonniers politiques en l’espace d’une semaine constitue une illustration particulièrement révélatrice des propos que nous avions tenu à vous faire parvenir.

Akbar Daneshvarkar 58 ans, ingénieur civil arrêté en janvier 2024, exécuté le 30 mars,

Mohammad Taghavi, 59 ans, interpelé en 2020, détenu pendant 3 ans, exécutéle 30 mars, 

Pouya Ghobadi, 33 ans, ingénieur, exécuté le 31 mars,

Babak Alipour, 34 ans, diplômé en droit, arrêté en janvier 2024, exécuté le 31 mars,

Vahid Baniamerian, 32 ans, étudiant titulaire d’un master en gestion, exécuté le 4 avril,

Abolhassan Montazer, 65 ans, rescapé des massacres de 1988, exécuté le 4 avril.

Tous exécutés parce qu’accusés, selon les autorités judiciaires, de participation à des opérations armées à Téhéran et d’appartenir à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), composante du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI).

Ces exécutions massives d’opposants, dont ceux du CNRI particulièrement ciblés par le régime en place, combinées au refus de libérer des prisonniers exposés aux bombardements, ainsi que l’extension des mesures sécuritaires dans les villes et la poursuite de la guerre, témoignent d’une inquiétude croissante du pouvoir quant à l’action d’unités combattantes menées sur le terrain par les Iraniens eux-mêmes et à l’éventualité d’un nouveau soulèvement.

A l’aube du jeudi 2 avril, Amir-Hossein Hatami, un jeune insurgé de 18 ans, prisonnier lors du soulèvement de janvier 2026, a été exécuté à Téhéran par les bourreaux du fascisme religieux, accusé de « guerre contre Dieu » (moharebeh) et de « corruption sur terre », 

Shahin Vahedparast, exécuté le 5 avril,

Mohammad-Amin Biglari, exécuté le 5 avril.

Ali Fahim, 23 ans, a été pendu le 6 avril après avoir été reconnu coupable d’implication dans une attaque contre une base de la milice des Bassidji des Gardiens de la révolution à Téhéran pendant les manifestations de janvier.

La Fondation Danielle Mitterrand France-Libertés dénonce ces exécutions répétées qui traduisent une politique de répression systématique et pourraient, au regard de leur caractère généralisé et dirigé contre une catégorie identifiable de la population, soulever la question de leur qualification au titre des crimes les plus graves en droit international. 

Il ne peut être permis au régime iranien de poursuivre en toute impunité une politique de terreur visant sa propre population au mépris du “Pacte international relatif aux droits civils et politiques”, instrument dont l’Iran est pourtant signataire.

La France, forte de son engagement historique en faveur de l’état de droit tant bafoué de toute part, et de la défense des droits humains, s’attache à faire entendre sa voix.

Devant la gravité de ces crimes, la Fondation Danielle Mitterrand France-Libertés vous appelle à une condamnation ferme, publique et sans ambiguïté de ces exécutions.

Elle demande, par ailleurs, dans l’urgence que la situation impose, de : 


– mobiliser les partenaires européens afin d’adopter des mesures ciblées contre les responsables de ces violations ;


– soutenir activement les mécanismes des Nations Unies visant à documenter ces faits et à en assurer la responsabilisation ;

– engager de vigoureuses démarches diplomatiques en faveur d’un moratoire sur la peine de mort en Iran, quel que soit le processus mettant un terme à cette guerre.

La suspension des exécutions en Iran doit figurer dans tout accord de cessez-le-feu provisoire, puis dans tout traité ultérieur.

Avec confiance en la détermination de notre Pays à agir et à condamner immédiatement et explicitement ces exécutions ;

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.

Gilbert Mitterrand
Président de la Fondation Danielle Mitterrand France-Libertés