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Le 9 avril 2026 une rencontre-débat est organisée par l’Université du Bien Commun et les Ateliers travail et démocratie autour de la thématique « Démocratiser le travail, une urgence sociale et écologique ».

La rencontre

«  Si nous le décidons, ce que nous faisons ensemble au travail peut devenir la source d’énergie sociale qui nous manque aujourd’hui pour refonder la démocratie. »

Cette idée est au cœur du Manifeste pour une démocratie du travail (2026), élaboré par l’équipe d’animation des Ateliers travail et démocratie.

Le travail, même maltraité, recèle un potentiel de résistance et d’émancipation. Car le travail réel ne se réduit jamais au travail prescrit : les ordres, consignes et procédures ne suffisent jamais à régler tous les problèmes que pose aux travaillants leur activité concrète. Travailler avec soin nécessite pour toute personne d’aller bien au-delà de ce qui est prescrit : il lui faut s’engager avec sa créativité, son intelligence et sa sensibilité.

Cette étincelle de liberté, inhérente à l’activité, dont le développement est rendu possible par l’expérience et la coopération des collègues, des managers et des destinataires du travail, peut, à certaines conditions, être une formidable source d’énergie démocratique. Une énergie disponible et renouvelable pour construire un pouvoir d’agir collectif qui commence à répondre à des aspirations fondamentales : redonner du sens au travail, retrouver la fierté du travail bien fait, se libérer des dominations, œuvrer au service des besoins sociaux et environnementaux. Le travail réel devient alors un travail vivant, source d’émancipation individuelle et collective au service de la vie. C’est ainsi qu’on peut, le plus efficacement et durablement, construire des contre-pouvoirs face aux dominations, et que la démocratie du travail peut se développer : par l’enquête sur le travail réel et l’obtention de sa reconnaissance, la politisation du travail vivant et la conquête de nouveaux droits.

Le constat est que le champ politique ignore tout cela. En revanche, de plus en plus, des syndicalistes construisent leurs pratiques militantes en partant des réalités du travail de leurs collègues. Face aux menaces de catastrophes écologiques et politiques, les enjeux du travail vivant émergent dans les pratiques sociales.

« Ce qui se joue dans l’organisation du travail ne peut donc plus être considéré comme une affaire privée : il s’agit désormais clairement d’enjeux sanitaires et environnementaux d’ordre public, qui appellent une avancée de la démocratie au travail. Un processus de bifurcation écologique ne pourra advenir que si les finalités du travail sont redéfinies autour de l’impératif écologique, du  » prendre soin  » du monde, et si le travail vivant prend le pas sur le travail mort. » (in : Manifeste, chap. 2)

Le Manifeste pour une démocratie du travail vise à montrer, à partir de ces expériences, comment revitaliser la vie démocratique en partant du travail. Il insiste sur l’idée que la démocratie du et au travail est une urgence politique, une méthode de transformation sociale et écologique par le renforcement du pouvoir des collectifs de travail et des destinataires du travail.
Nous reviendrons sur cette démonstration, en insistant sur l’approche du travail proposée en même temps que sur les raisons, notamment sociales et écologiques, qui fondent l’exigence et l’urgence de la démocratie au travail. Nous exposerons également ce que le Manifeste entend par processus de démocratisation « par en bas » et le rôle de l’action syndicale, qui a servi de boussole à ces réflexions. Nous mettrons enfin en discussion cette perspective et quelques propositions qui ont été portée par l’équipe des Ateliers travail et démocratie.

Cette session, la sixième du cycle Travail et commun de l’UBC.Paris, sera mise en écho avec l’initiative du collectif Travail & démocratie, portée dans les années 2010 par la revue Les périphériques vous parlent, à l’instigation de Claire Villiers.

LES INTERVENANT.ES

Corinne Savart-Debergue : syndicaliste, conseillère confédérale Cgt sur la formation professionnelle et l’activité Travail, membre de l’équipe d’animation des Ateliers Travail et démocratie. Elle a participé au processus d’élaboration du Manifeste en apportant son regard de syndicaliste et les expériences menées au sein de son syndicat de développement de l’action à partir du travail réel.

Julien Lusson : analyste du travail, membre de l’équipe d’animation des Ateliers Travail et démocratie, il a, lui aussi, a participé au processus d’élaboration du Manifeste à partir de ses expériences d’intervention en prévention des risques professionnels et d’appui à des formations-actions d’équipes syndicales pour reprendre la main sur le travail.

Informations pratiques

Le jeudi 9 avril 2026 à 18h30

A l’Académie du Climat,
2 place Baudoyer, Paris 4e