
Porter les voix des résistances face aux répressions et aux violences au Moyen-Orient
14.01.2026
En ce début d’année, nous exprimons notre solidarité avec le peuple kurde, réuni comme chaque mois de janvier, en mémoire de Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez, assassinées à Paris il y a treize ans et d’Evîn Goyî, de Mîr Perwer et d’Abdurrahman Kızıl assassiné·es en 2023. Marcher à leurs côtés, c’est refuser l’oubli, dénoncer l’impunité et l’absence de justice.
Malheureusement, cette mobilisation résonne tragiquement avec l’actualité et nous partageons notre vive inquiétude vis-à-vis des réalités traversées dans les différentes régions du Kurdistan et du Moyen-Orient. En Syrie, les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et Achrafieh à Alep ont subi les bombardements et les attaques des forces du gouvernement syrien d’Amed al-Chaara, plongeant les populations civiles dans une grave crise humanitaire, en violation flagrante du droit international.
En Iran, la flamme de la révolte brûle à nouveau. Si l’étincelle s’est allumée dans les rues du Bazar de Téhéran, elle s’est rapidement étendue, ralliant les régions kurdes de l’ouest. Ce soulèvement qui regroupe les revendications de nombreux mouvements sociaux des dernières années : contre la vie chère et la crise économique (2018-2019), le soulèvement « Jin Jiyan Azadi » (2022) se voit violemment réprimé par le régime iranien. Alors qu’elles et ils risquent « leurs vies pour survivre », hors de tout regard médiatique, nos regards se portent également inquiets sur les menaces nord-américaines, alliées à Israël, d’interventions militaires : jamais la liberté ne pourra être apportée par une intervention militaire extérieure, il convient au peuple iranien de décider comment construire son avenir.
L’histoire se répète pour le peuple kurde, confronté depuis des années aux violences d’États, aux discriminations et aux guerres comme tant d’autres peuples opprimés dans la région. Pourtant, leurs résistances demeurent. Ici, porteuses d’alternatives démocratiques, égalitaires et écologiques, là défendant le fait de vivre dignement, la liberté et la paix. Leur détermination et leur courage forcent le respect.
Comme nous l’avons réaffirmé lors de la remise du Prix Danielle Mitterrand en décembre dernier, la Fondation se tient à leurs côtés et appelle à renforcer un internationalisme entre les peuples, pour faire respecter les droits humains fondamentaux et que s’organise la solidarité.
Leur voix continue de résonner, au-delà des frontières et de la peur, donnons-lui encore plus de force : « Jin Jiyan Azadî » – Femme, Vie, Liberté.
Pour suivre les informations sur les situations
- Collectif Roja (@roja.paris)
« Les protestations en Iran assiégées par les ennemis intérieurs et extérieurs » [Article] - Feminists 4 Jina (@feminists4jina)